Suspicion de maltraitance animalière à Lestrem

Posté le : 8 décembre 2011 Par marc Aucun commentaire

De l’impuissance. C’est ce que ressentent depuis déjà plusieurs mois les riverains de la rue de l’Épinette, à Lestrem. Et plus encore depuis quinze jours, date de l’intervention des pompiers et de la gendarmerie au domicile de particuliers. On évoque des mauvais traitements sur animaux, du moins de « négligences »… Après des mois d’attente, les services vétérinaires du Département doivent débarquer ce matin. Mais les choses ne sont pas aussi simples…

 

 

 

 

PAR CÉLINE WLODARSKI

bethune@info-artois.fr

« On ne vit plus. » Pour comprendre le malaise des voisins, parfois immense, il faut remonter à la nuit du 30 juin au 1e r juillet. Les gendarmes sont appelés pour un poney égaré sur la chaussée. L’animal vient de sortir de sa pâture « il mourait de faim et de soif, en pleine période de fortes chaleurs », se souvient une dizaine de personnes.

À partir de ce jour, tout le monde savait. « Impossible d’oublier que des animaux vivent dans des conditions épouvantables juste à côté de chez nous. » Et pourtant le temps a passé, jusqu’au 24 novembre. Date d’une nouvelle intervention rue de l’Épinette, cette fois par des pompiers, accompagnés par des gendarmes et par un éducateur canin. Personne ne répondait aux appels. À l’intérieur de l’habitation, pas d’occupant, « juste » des animaux laissés à l’abandon, la plupart déshydratés et vivant dans le noir. Une douzaine de chiens, un cheval, deux poneys… Mais on parle aussi de chats, d’oiseaux, de poules…

Les témoignages se suivent et se ressemblent tous : « Des jours sans voir personne venir, des chiens qui aboient, cloîtrés dans cette ferme, sans que l’on puisse faire quoi que ce soit pour les aider. Les chevaux sont maigres et malades. On a alerté les pouvoirs publics et personne ne peut rien faire.

C’est révoltant », déclaraient une quinzaine de voisins en début de semaine.

L’éducateur canin, également enquêteur pour la Fondation Brigitte Bardot, confirme et évoque plusieurs normes qui ne seraient pas respectées. « Un particulier ne peut détenir plus de neuf chiens sans autorisation particulière de la DDPP. » La Direction départementale de la protection des populations est l’ancienne DSV, Direction des services vétérinaires que la gendarmerie déclare avoir contacté cet été. « Dès que le dossier est ouvert et que nous soupçonnons des mauvais traitements sur des animaux, nous pouvons les prévenir afin qu’ils se déplacent, il n’y a pas de délai de carence », assure le commandant de la compagnie de Béthune.

Or, jusqu’à la semaine dernière, la DDPP n’a pas donné signe de vie*. « C’est l’expertise qui manque, je pense, pour que le Parquet puisse prendre une décision, comme la saisie immédiate des animaux », explique une juriste de la fondation Brigitte Bardot. Le commandant de la compagnie de gendarmerie de Béthune ajoute, pour sa part, que « si les choses ont aussi un peu traîné, c’est que nous ne parvenions pas à entrer en contact avec les propriétaires des animaux. Ils n’étaient jamais là quand nous nous déplacions. »

Plus d’animaux sur place ce matin ?

La fondation, qui a déposé une plainte fin novembre pour mauvais traitements, se déclare prête à prendre en charge les chevaux en cas de saisie. C’est la SPA de Merville qui accueillerait les chiens. Seulement voilà : hier à l’aube, les locataires des lieux ont été aperçus en train d’évacuer les chevaux.

Quant au reste des animaux, il aura probablement subi le même sort d’ici ce matin, c’est-à-dire avant la visite tant attendue des services vétérinaires prévue… aujourd’hui ! Un rendez-vous fixé en accord avec ces personnes ?

Et aucune action ne semble possible entre temps, à en croire les gendarmes, qui se veulent néanmoins optimistes : « Quoi qu’il en soit, l’enquête continuera à être menée. » Le maire de Lestrem de souligner, de son côté, que cette affaire, si les faits venaient bien sûr à se confirmer, ne serait pas la première du genre sur son territoire, évoquant « d’autres cas, qui traînent depuis plusieurs années ». Il exprime son sentiment d’impuissance. « En tant que maire, je suis désarmé car je n’ai pas d’autorité pour pénétrer dans l’enceinte d’une propriété privée. C’est à la Justice de prendre ces dispositions. De plus, je ne suis pas au courant des procédures. » •

*Nous avons essayé, en vain, de rentrer en contact avec les responsables.

[Source http://www.lavoixdunord.fr/]


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